Alternative Uber Eats Deliveroo : vendre en direct sans commission
Alternative à Uber Eats et Deliveroo : réduire la commission de livraison, vendre en direct depuis son propre site. Méthode, coûts réels et limites, guide 2026.
En bref. Les plateformes comme Uber Eats et Deliveroo prélèvent en général 20 à 30 % sur chaque commande — un niveau qui peut dépasser la marge nette d'un plat dont le food cost tourne déjà à 30 %. Il n'existe pas de remplacement strict à ces plateformes pour la découverte de nouveaux clients, mais un canal direct — site propre, QR code ou click and collect — permet d'encaisser sans commission la part de la demande qui vient de la clientèle déjà acquise. Sur un volume qui grandit, l'écart se compte vite en milliers d'euros par an.
Contexte / Définition
Uber Eats et Deliveroo rendent un vrai service : visibilité auprès de clients qui ne connaissaient pas encore le restaurant, logistique de livraison gérée de bout en bout, paiement sécurisé. Le problème n'est pas le service rendu, c'est son prix — un pourcentage qui grimpe avec chaque euro vendu, sans jamais redescendre une fois le client fidélisé.
Alternative à Uber Eats / Deliveroo : un canal de commande à emporter ou en livraison encaissé directement par le restaurant — via son propre site, un QR code ou une page dédiée — sans qu'un pourcentage de la vente reparte chez un intermédiaire. Ce n'est pas un remplacement de la plateforme pour la découverte, c'est un deuxième canal pour la clientèle déjà acquise.
Le sujet pèse davantage en 2026 qu'il y a cinq ans : les commissions des grandes plateformes n'ont pas baissé, et une part croissante des restaurants indépendants a désormais un site capable d'encaisser une commande en ligne sans développement ni agence.
Combien prennent réellement Uber Eats et Deliveroo en commission ?
Réponse directe : entre 20 % et 30 % du montant de chaque commande selon la plateforme, le contrat et les options choisies (mise en avant dans les résultats, logistique de livraison assurée par la plateforme).
Ce que ça représente concrètement
1. Sur un plat à 15 € — une commission à 25 % prélève 3,75 €. Si le coût matière du plat tourne à 30 %, soit 4,50 €, il reste à peine de quoi couvrir la main d'œuvre et les charges fixes une fois la commission déduite.
2. Sur un mois à 150 commandes livrées — à 22 € de ticket moyen, ça représente environ 3 300 € de chiffre d'affaires. Une commission à 25 % en retire plus de 800 €, souvent davantage que le bénéfice net généré par ces commandes.
3. Sur une année — l'écart entre un canal direct et une dépendance totale aux plateformes à 20-30 % de commission se compte fréquemment en dizaines de milliers d'euros pour un restaurant qui fait un volume significatif de vente à emporter ou en livraison.
Ne coupe jamais une plateforme avant d'avoir un canal direct qui fonctionne déjà. L'objectif n'est pas de fuir Uber Eats ou Deliveroo du jour au lendemain, mais de rediriger progressivement la clientèle fidèle — celle qui reviendrait de toute façon — vers le canal qui ne coûte pas un pourcentage à chaque commande.

Comment construire un canal direct face à Uber Eats et Deliveroo ?
Réponse directe : en combinant un point de commande à soi, un mode de retrait ou de livraison simple, et une communication claire auprès de la clientèle existante pour qu'elle sache qu'un canal direct existe.
Étape 1 — avoir un point de commande à soi
Un site avec la carte à jour, ou à minima une page dédiée — voir créer son site internet de restaurant. Sans ce point d'entrée, toute la vente à emporter ou en livraison reste captive des plateformes tierces.
Étape 2 — choisir le retrait avant la livraison en propre
Le retrait sur place règle la question de la logistique : pas de livreur à organiser, pas de coût kilométrique à chiffrer. Voir le click and collect sans commission pour la méthode de mise en place.
Étape 3 — rediriger la clientèle existante vers le canal direct
Affichage en salle, ticket de caisse, réseaux sociaux : beaucoup de clients commandent par une plateforme uniquement parce qu'ils ignorent qu'un canal direct existe, pas par préférence réelle pour la commission qu'il implique.
Cas pratique — La Verrerie, Gaillac (2015-2018)
Quand j'ai repris La Verrerie à Gaillac en 2015, Deliveroo et Uber Eats commençaient tout juste leur expansion en France, concentrée sur les grandes métropoles. Un commercial d'une plateforme de livraison est passé proposer un référencement, avec une commission annoncée dans la fourchette haute du marché.
Le calcul a été vite fait : le food cost réel découvert au bilan 2016 tournait à 36 % au lieu des 28 % ciblés — une marge déjà sous tension avant même de retirer un pourcentage de commission. Ajouter 20 à 30 % de commission sur les ventes à emporter aurait transformé une activité déjà fragile en activité structurellement négative sur ce canal.
La décision a été de ne pas rejoindre la plateforme et de construire la visibilité autrement — bouche-à-oreille, présence locale, et plus tard un canal de commande directe pour les habitués. Ce choix n'aurait pas eu le même sens dans une grande métropole où la plateforme aurait pu apporter un volume de nouveaux clients impossible à capter autrement : le bon calcul dépend toujours du contexte local et de l'état réel de la marge avant commission.
Plateforme, canal direct, ou les deux : quel choix ?
- COMMISSION
- 20 – 30 % par commande
- VISIBILITÉ NOUVEAUX CLIENTS
- Forte, surtout en zone urbaine dense
- LOGISTIQUE LIVRAISON
- Gérée par la plateforme
- DONNÉES CLIENT
- Restent chez la plateforme
- COMMISSION
- 0 %, mais coût véhicule et personnel
- VISIBILITÉ NOUVEAUX CLIENTS
- Aucune, repose sur la notoriété existante
- LOGISTIQUE LIVRAISON
- Entièrement à la charge du restaurant
- DONNÉES CLIENT
- Appartiennent au restaurant
- COMMISSION
- 0 % — abonnement plat
- VISIBILITÉ NOUVEAUX CLIENTS
- Portée par le site et la fiche Google du restaurant
- LOGISTIQUE LIVRAISON
- Au choix du restaurant — ou retrait sans logistique
- DONNÉES CLIENT
- Appartiennent au restaurant
Le bon arbitrage combine souvent les trois : la plateforme pour la découverte en zone dense, le canal direct pour fidéliser sans commission, et le retrait plutôt que la livraison en propre tant que le volume ne justifie pas une tournée dédiée — la même logique de combinaison de canaux que celle détaillée dans le click and collect sans commission.
Source officielle
Erreurs fréquentes
Couper une plateforme de livraison du jour au lendemain sans canal direct déjà construit. Résultat : une partie de la clientèle habituée à ce canal ne retrouve plus le restaurant, sans que l'alternative ait eu le temps de prendre le relais.
Erreur 1 : comparer la commission sans chiffrer le food cost réel du plat. Une commission de 25 % sur un plat déjà à food cost élevé peut rendre la vente structurellement négative — voir la commande en ligne sans commission pour intégrer ce paramètre au calcul.
Erreur 2 : vouloir livrer en propre sans avoir chiffré le coût réel. Véhicule, carburant, temps du livreur : sans ce calcul, la livraison en propre peut coûter davantage que la commission qu'elle devait éviter.
Erreur 3 : ne pas informer les clients qu'un canal direct existe. Beaucoup de clients commandent par une plateforme par habitude, pas par choix — sans communication claire, le canal direct reste invisible même une fois mis en place.
Erreur 4 : négliger le retrait au profit de la seule livraison. Le retrait sur place retire toute la question logistique de l'équation — c'est souvent le point de départ le plus simple avant d'envisager une livraison en propre.
Conclusion
1. Il n'existe pas de remplacement strict aux plateformes de livraison. Elles restent utiles pour la découverte, en particulier en zone urbaine dense.
2. Le canal direct cible une autre population : la clientèle déjà acquise. C'est là que la commission coûte le plus cher sur des ventes qui auraient eu lieu de toute façon.
3. Le bon arbitrage dépend du food cost réel et de la zone. Un plat à marge déjà serrée ne supporte pas la même commission qu'un plat à marge confortable.
À La Verrerie, le calcul a été simple parce que la marge était déjà sous tension avant même de retirer un pourcentage de commission. C'est souvent le bon point de départ pour trancher : chiffrer le food cost réel du plat avant de décider d'une commission à ajouter ou à éviter, un des critères à regarder en comparant les logiciels de réservation et de commande qui incluent ou non la vente directe sans commission.
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Dernière mise à jour le 2026-10-28. Rédigé par Cyril Quesnel, fondateur Onrush, chef entrepreneur (La Verrerie 2015-2018, Lunch Wagon 2023-2026).