anti-gaspillage2026-09-26·10 min read
Loi AGEC restauration : quelles obligations en 2026

Loi AGEC restauration : quelles obligations en 2026

Loi AGEC en restauration : ce qui s'applique à tous, ce qui vise seulement la restauration collective, et comment donner ses invendus sans obligation. Guide 2026.

En bref. La loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020) impose une obligation universelle — ne jamais rendre volontairement impropres à la consommation des denrées encore consommables, sous peine de 3 750 € d'amende — mais réserve le diagnostic gaspillage et la convention de don obligatoire aux établissements de restauration collective dépassant 3 000 repas par jour. Pour l'immense majorité des restaurants indépendants, la vraie question n'est donc pas la conformité légale, mais la marge jetée chaque semaine à la poubelle sans que personne ne l'ait chiffrée.

3 000 repas/jour
Seuil à partir duquel un exploitant de restauration collective doit réaliser un diagnostic gaspillage et proposer une convention de don (loi AGEC)

Contexte / Définition

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire est souvent citée en bloc par les restaurateurs, comme si elle imposait les mêmes obligations à tout le monde. Ce n'est pas le cas, et cette confusion coûte cher : certains croient être hors-la-loi alors qu'ils ne le sont pas, d'autres pensent être tranquilles alors qu'ils enfreignent la seule règle qui les concerne vraiment.

Loi AGEC : loi n° 2020-105 du 10 février 2020, qui fixe un objectif de réduction de moitié du gaspillage alimentaire en restauration collective et impose une interdiction universelle de détruire volontairement des denrées encore consommables — le critère qui différencie les obligations est la taille de l'établissement, pas le secteur.

En 2026, l'enjeu pour un restaurant indépendant n'est presque jamais le contrôle administratif — il est la marge perdue chaque semaine sur des produits jetés qui auraient pu être vendus, transformés ou donnés.

Un restaurant indépendant est-il vraiment concerné par la loi AGEC ?

Réponse directe : sur l'essentiel des obligations, non — le diagnostic gaspillage et la convention de don visent la restauration collective au-delà de 3 000 repas/jour. Sur un point précis, oui, sans exception de taille : l'interdiction de rendre une denrée consommable impropre à la consommation.

Ce qui vise uniquement les gros volumes

L'obligation de réaliser un diagnostic préalable, de mettre en place un plan d'action, et de proposer une convention de don à une association habilitée cible les exploitants de restauration collective dépassant 3 000 repas par jour, ainsi que certains acteurs de l'agroalimentaire au chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros. Un restaurant indépendant, même très fréquenté, se situe très rarement à ce niveau de volume.

Ce qui vise tout le monde, sans seuil

L'interdiction de rendre impropres à la consommation des denrées encore consommables — javel versée sur des invendus, produits volontairement écrasés — s'applique à tout établissement, quelle que soit sa taille. C'est une pratique ancienne, née d'une volonté de décourager la récupération dans les poubelles, que la loi a explicitement fermée. Voir les obligations légales du restaurant en 2026 pour la replacer parmi l'ensemble des textes qui s'imposent à un établissement, quelle que soit sa taille.

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Astuce terrain

Le réflexe le plus simple pour rester tranquille sur ce point précis : ne jamais rendre un produit délibérément non comestible pour éviter qu'il soit récupéré. Le jeter tel quel, ou le donner, sont les deux seules options qui ne posent aucun problème.

Cuisinier de restaurant triant des invendus alimentaires en fin de service
La quasi-totalité des restaurants indépendants n'est jamais concernée par le diagnostic gaspillage obligatoire — le seuil vise la restauration collective à grande échelle.

Comment donner ses invendus sans y être obligé ?

Un restaurant sous le seuil des 3 000 repas/jour n'a aucune obligation de don, mais peut y trouver un intérêt réel, à la fois pour limiter le gaspillage et pour un avantage fiscal.

Étape 1 — Trouver une structure d'accueil locale

La plupart des territoires ont une association d'aide alimentaire en mesure d'accepter des dons ponctuels ou réguliers, sans nécessiter d'accréditation nationale de la part du restaurant donateur.

Étape 2 — Formaliser un minimum, même sans convention type

Une convention type existe pour les gros donateurs, mais un accord simple — nature des dons, fréquence, modalités de remise — suffit à sécuriser la démarche pour un petit établissement.

Étape 3 — Conserver les justificatifs pour la réduction d'impôt

Le don ouvre droit à une réduction d'impôt au titre de l'article 238 bis du CGI dès lors que l'association bénéficiaire répond aux critères d'intérêt général — gestion désintéressée, activité non lucrative. Un reçu de don et une valorisation raisonnable de la marchandise donnée suffisent en général à justifier l'avantage fiscal.

Cas pratique — Lunch Wagon 2023-2026

Au Lunch Wagon, mon food truck burger repris en redressement judiciaire à Albi, je savais qu'un service de fin de semaine générait presque toujours un surplus de pain à burger — la commande devait couvrir une pointe d'affluence incertaine, et le pain qui ne partait pas le soir même ne se vendait plus le lendemain. Certains soirs creux, ça représentait une quinzaine de pains invendus, plus une part de garniture fraîche préparée en trop.

En me renseignant sur la loi AGEC pour savoir ce qui m'était réellement imposé — un doute fréquent chez les indépendants — j'ai réalisé que je n'étais absolument pas concerné par l'obligation de diagnostic ou de convention de don : je préparais loin, très loin, des 3 000 repas par jour qui déclenchent cette obligation. Rien ne m'obligeait légalement à agir.

J'ai pourtant pris contact avec une petite association locale d'aide alimentaire pour lui proposer les invendus de fin de service les soirs où le surplus était prévisible. Pas de convention formelle lourde, juste un accord oral et un créneau de dépôt fixé. Mon comptable m'a signalé, presque en passant lors d'un point trimestriel, que ces dons ouvraient droit à une réduction d'impôt au titre de l'article 238 bis du CGI — un avantage auquel je n'avais même pas pensé en démarrant la démarche, faite d'abord pour ne plus jeter du pain encore bon.

≈ 15 pains
Surplus moyen un soir creux au Lunch Wagon avant la mise en place d'un don régulier à une association locale (2023-2026)

Jeter systématiquement, don informel ponctuel ou suivi structuré des invendus ?

Trois façons de traiter les invendus en fin de service
Jeter systématiquement
Aucune démarche, produit non vendu = poubelle
RISQUE LÉGAL
Nul, sauf destruction volontaire du produit
COÛT MARGE
Perte sèche, jamais valorisée
AVANTAGE FISCAL
Aucun
CHARGE ADMIN
Nulle
Reste la norme dans beaucoup d’établissements, par simple habitude.
Don informel ponctuel
Accord oral avec une association locale, sans suivi chiffré
RISQUE LÉGAL
Nul
COÛT MARGE
Réduit, mais non mesuré précisément
AVANTAGE FISCAL
Possible, mais justificatifs souvent incomplets
CHARGE ADMIN
Faible
Un bon point de départ, tant que quelqu’un pense à garder les reçus.
Onrush
Pertes et invendus tracés plat par plat, reliés au food cost réel
Recommandé
RISQUE LÉGAL
Nul
COÛT MARGE
Chiffré précisément, croisé avec le coût de revient
AVANTAGE FISCAL
Historique exploitable pour les justificatifs de don
CHARGE ADMIN
Aucune saisie manuelle supplémentaire
Pertinent dès qu’on veut savoir combien le gaspillage coûte vraiment, pas juste le limiter.

Les trois options évitent un problème légal — le vrai écart se joue sur la marge récupérée ou perdue, pas sur le risque de contrôle.

Source officielle

Lé
Source officielle · Légifrance
LOI n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire
Texte intégral de la loi AGEC, dont les dispositions sur l'interdiction de rendre impropres à la consommation des denrées et les obligations de diagnostic/don en restauration collective.
↗
DG
Source officielle · DGCCRF
Professionnels : comment éviter le gaspillage alimentaire
Rappel des obligations et bonnes pratiques applicables aux professionnels, dont les restaurateurs, en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire.
↗

Erreurs fréquentes

⚠️
À éviter

L'erreur la plus fréquente : croire que la loi AGEC impose un diagnostic et une convention de don à tout restaurant, se sentir en tort, et abandonner l'idée de faire quoi que ce soit — alors que l'obligation réelle ne concerne presque jamais un établissement indépendant.

Erreur 1 : confondre restauration collective et restauration commerciale classique. Le seuil des 3 000 repas/jour vise les cuisines centrales, cantines et structures de restauration collective — pas un restaurant ou un food truck qui sert quelques dizaines à quelques centaines de couverts par jour.

Erreur 2 : continuer une pratique de destruction volontaire par habitude. Verser de l'eau de javel sur des invendus pour éviter qu'ils soient récupérés dans une poubelle reste la seule pratique universellement interdite — et la plus facile à corriger, puisqu'elle ne demande aucune démarche, juste d'arrêter.

Erreur 3 : donner sans garder aucun justificatif. Un don fait de bonne foi, mais sans reçu ni valorisation, ne pourra jamais être présenté pour la réduction d'impôt de l'article 238 bis du CGI le jour de la déclaration.

Erreur 4 : ne jamais mesurer ce qui part réellement à la poubelle. Sans mesure, impossible de savoir si le gaspillage est marginal ou s'il représente une part significative de la marge — voir le suivi des pertes matière pour la méthode de mesure.

Conclusion

La loi AGEC en restauration se résume à une distinction simple mais souvent ignorée : une obligation universelle et légère, des obligations lourdes réservées aux gros volumes.

1. L'interdiction de destruction volontaire s'applique à tous. Aucun seuil ne dispense de cette règle, même le plus petit établissement.

2. Le diagnostic et la convention de don visent la restauration collective au-delà de 3 000 repas/jour. La quasi-totalité des restaurants indépendants n'y est jamais soumise.

3. Le don volontaire, même hors obligation, peut être fiscalement intéressant. L'article 238 bis du CGI ouvre une réduction d'impôt à qui garde ses justificatifs.

Le vrai sujet, pour un indépendant, n'est presque jamais la conformité — c'est de savoir enfin combien coûte, chaque semaine, ce qui part à la poubelle plutôt qu'au client ou à une association.

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Dernière mise à jour le 2026-09-26. Rédigé par Cyril Quesnel, fondateur Onrush, chef entrepreneur (La Verrerie 2015-2018, Lunch Wagon 2023-2026).

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la loi AGEC pour un restaurant ?+
La loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020, loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) impose plusieurs obligations liées au gaspillage alimentaire, mais toutes ne s'appliquent pas à tous les établissements. La seule règle universelle, valable pour le plus petit restaurant comme pour la plus grande cuisine collective, est l'interdiction de rendre volontairement impropres à la consommation des denrées encore consommables. Voir réduire le gaspillage alimentaire en restaurant pour la méthode qui rend cette obligation facile à respecter en pratique.
Un restaurant indépendant est-il soumis aux obligations de la loi AGEC ?+
Partiellement. L'obligation de diagnostic gaspillage et de convention de don à une association habilitée vise les exploitants de restauration collective qui préparent plus de 3 000 repas par jour — un seuil que la quasi-totalité des restaurants indépendants n'atteint jamais. En revanche, l'interdiction de détruire volontairement des denrées consommables s'applique à tous, sans seuil. Voir les obligations légales du restaurant en 2026 pour resituer ce point parmi l'ensemble des obligations d'un établissement.
Je suis un petit restaurant, la loi AGEC ne me concerne donc pas du tout ?+
Ce raisonnement s'arrête à mi-chemin : être sous le seuil des 3 000 repas/jour dispense du diagnostic obligatoire et de la convention de don formelle, mais pas de l'interdiction de rendre impropres à la consommation des denrées encore bonnes — une pratique passible d'une amende de 3 750 €, quelle que soit la taille de l'établissement. Voir le suivi des pertes matière pour savoir précisément ce qui part à la poubelle avant même de parler de conformité légale.
Est-il compliqué de donner ses invendus alimentaires quand on n’y est pas obligé ?+
Non, et c'est même fiscalement intéressant : un don à une association d'aide alimentaire répondant aux conditions de l'article 238 bis du Code général des impôts ouvre droit à une réduction d'impôt, généralement de 60 % de la valeur du don dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires. Il n'est pas nécessaire d'être soumis à l'obligation légale pour en bénéficier. Voir l'analyse des coûts matières pour chiffrer ce qui, chaque semaine, pourrait partir en don plutôt qu'à la poubelle.
Par où commencer pour se conformer à la loi AGEC dans un petit restaurant ?+
Trois étapes suffisent pour la majorité des indépendants : arrêter toute pratique consistant à rendre une denrée invendable pour dissuader la récupération, mesurer une semaine de pertes par catégorie de produit pour voir où ça part réellement, puis décider au cas par cas si un don ponctuel à une association locale a du sens pour l'établissement. Voir réduire le gaspillage alimentaire en restaurant pour la méthode complète de mesure et de correction.
Que risque un restaurant qui ne respecte pas la loi AGEC ?+
Le risque dépend de l'obligation concernée : jusqu'à 3 750 € d'amende pour avoir rendu une denrée consommable impropre à la consommation, et un risque plus large de manquement pour les gros établissements de restauration collective qui ignoreraient l'obligation de diagnostic ou de convention de don au-delà du seuil des 3 000 repas/jour. Pour un restaurant indépendant classique, le risque réel est surtout financier — celui de la marge jetée à la poubelle. Voir le suivi des pertes matière sur ce coût caché, bien plus fréquent que le contrôle.
CQ
Chef entrepreneur. 2 établissements redressés (La Verrerie 2015-2018, Lunch Wagon 2023-2026). Fondateur Onrush.
Mis à jour le 2026-09-26Bio complète →