Affichage des prix au restaurant : vos obligations
Affichage des prix en restaurant : ce que la loi impose (carte, vitrine, TTC, mentions), les pièges fréquents, et le lien avec l'affichage des allergènes. Clair et conforme.
En bref. Au restaurant, les prix s'affichent en TTC, service compris, à l'intérieur comme à l'extérieur, lisibles avant que le client commande. La carte, la vitrine et la liste des boissons courantes sont obligatoires, avec quelques mentions associées (origine des viandes, fait maison, allergènes). Un affichage flou ou périmé expose à une amende DGCCRF. Voici la méthode pour être propre sur ce point sans y passer vos soirées.
Pourquoi l'affichage des prix est encadré
L'affichage des prix n'est pas une formalité décorative. C'est de l'information précontractuelle : le client doit savoir ce qu'il va payer avant de s'asseoir, avant de commander, avant que l'addition tombe. La loi protège le consommateur contre la mauvaise surprise.
Pour vous, restaurateur, c'est aussi une protection. Un prix affiché clairement, c'est une contestation d'addition de moins. C'est un client qui ne discute pas le montant parce qu'il l'a vu noir sur blanc. Le flou ne sert personne, ni le client ni vous.
J'ai tenu un bar, une brasserie, un food truck, un hôtel-restaurant. À chaque format, la règle est la même : le prix se voit, il est complet, il est à jour. Ce dernier point est celui que la plupart oublient. Un affichage conforme le jour de l'ouverture qui n'a pas bougé depuis trois hausses de mercuriale n'est plus conforme du tout.
Le principe de base : tout prix communiqué au consommateur est un prix TTC, service compris. Le client paie exactement ce qui est écrit. Pas de hors taxes, pas de service en sus, pas de supplément caché.
Les trois affichages obligatoires
Il y a trois endroits où vos prix doivent apparaître. Ce n'est pas au choix.
1. L'affichage extérieur
Tout restaurant doit afficher ses prix à l'extérieur, de façon lisible depuis la rue ou l'entrée. Le passant doit pouvoir se faire une idée du niveau de tarif sans entrer. En pratique, on affiche la carte du jour, le menu, ou au minimum une sélection représentative de plats avec leurs prix.
C'est le point le plus souvent négligé. Beaucoup d'exploitants affichent parfaitement à l'intérieur et oublient la vitrine. La DGCCRF vérifie ce point en passant simplement devant l'établissement, sans même entrer.
2. L'affichage intérieur des plats
La carte remise au client, ou affichée à l'intérieur, doit présenter chaque plat avec son prix TTC. Pas de carte sans prix, pas de carte « prix sur demande » pour un plat courant. Chaque ligne porte son montant.
3. L'affichage des boissons courantes
Un affichage spécifique des boissons les plus consommées est obligatoire à l'intérieur, visible des clients. On y trouve le café, le demi de bière pression, un soda, une eau minérale, un verre de vin courant. Ce panneau ou cette liste complète la carte et ne s'y substitue pas.
Prix TTC, service compris : le détail qui change tout
Depuis des années, le service est compris dans le prix affiché au restaurant. Vous ne pouvez pas afficher un plat à 14 € puis ajouter 15 % de service sur l'addition. Le prix sur la carte est le prix final.
Cela vaut aussi pour les pourboires : ils restent facultatifs et laissés à la libre appréciation du client. Vous ne pouvez pas les imposer ni les présenter comme dus.
Côté TVA, vous ne l'affichez pas séparément au client, mais elle conditionne votre prix de revient et donc votre marge. Sur place, la restauration est à 10 % ; certains produits emportés ou les boissons alcoolisées suivent d'autres taux. C'est un sujet de gestion interne, pas d'affichage, mais il pèse sur le prix que vous décidez. Pour poser ce calcul proprement, voir calculer le prix de vente de vos plats et la méthode du coefficient multiplicateur qui sert de garde-fou sur la marge.
Reliez toujours votre prix d'affichage à votre coût réel. Un prix figé sur la carte pendant que le beurre, l'huile et la viande montent, c'est de la marge qui s'évapore sans que vous le voyiez. Quand le coût bouge, le prix doit pouvoir bouger. L'affichage conforme commence par un prix juste.
Les mentions qui accompagnent les prix
L'affichage du prix vient rarement seul. Plusieurs mentions doivent figurer sur ou à côté de la carte.
L'origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volaille servies doit être indiquée. C'est une obligation à part entière, souvent intégrée en bas de carte ou sur un panneau dédié.
La mention « fait maison », symbolisée par une casserole avec un toit, signale les plats élaborés sur place à partir de produits bruts. Elle est facultative, mais dès que vous l'employez, elle vous engage : un plat affiché fait maison qui ne l'est pas est une infraction.
Enfin, l'information sur les allergènes doit être disponible. Ce n'est pas la même obligation que le prix, mais elle s'affiche souvent au même endroit, sur la carte ou via une mention renvoyant à un document consultable. Voir l'affichage des 14 allergènes pour la méthode complète. Et pour les produits emballés vendus à emporter, c'est l'étiquette INCO en pâtisserie qui prend le relais.
Ne jamais afficher « allergènes : nous consulter » sans pouvoir réellement fournir l'information par écrit. Si un client la demande et que personne ne sait répondre, c'est une non-conformité. Le prix et l'allergène sont deux obligations distinctes — vous devez tenir les deux.
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Cas pratique — le Lunch Wagon, Albi
Quand j'ai lancé le Lunch Wagon, mon food truck burger à Albi, l'affichage des prix m'a posé un problème concret que la cuisine fixe ne connaît pas : je n'avais pas de vitrine.
Sur un camion, l'affichage extérieur, c'est tout ce que le client voit. Pas de salle, pas de carte posée sur la table. Le passant décide en dix secondes, debout, devant le menu peint sur le flanc. Si le prix n'y est pas, clair et complet, il passe son chemin ou il discute l'addition au moment de payer. Les deux me coûtaient de l'argent.
J'ai donc traité l'affichage comme un outil commercial autant que comme une obligation. Menu lisible, prix TTC complets, pas de surprise. Et surtout, des prix que je tenais à jour. Sur un burger, quand le pain, la viande hachée et la sauce maison montent en même temps, votre marge se fait grignoter sans bruit. Le piège, c'est de garder le prix affiché par confort — on n'a pas envie de repeindre le camion — pendant que le coût grimpe.
Parti de zéro, le Lunch Wagon a fait 200 000 € de chiffre d'affaires avant que je le revende 60 000 € en trois mois. Une partie de cette tenue, c'est d'avoir piloté le prix d'affichage en fonction du coût réel, pas à l'instinct. Le chiffre ne fait pas le profit. C'est l'écart entre le prix affiché et le coût qui le fait, à condition de le regarder.
Erreurs fréquentes sur l'affichage des prix
Erreur 1 — Oublier la vitrine. L'affichage extérieur est obligatoire et c'est le plus contrôlé. Un intérieur parfait ne rachète pas une vitrine vide.
Erreur 2 — Une carte sans liste des boissons courantes. Le café, le demi, l'eau, le verre de vin doivent figurer dans un affichage dédié visible des clients.
Erreur 3 — Des prix qui ne suivent pas la mercuriale. Conforme ne veut pas dire figé. Un prix affiché juste un jour devient un manque à gagner quand vos coûts montent et que vous ne réagissez pas. Tenir une mercuriale à jour est le point de départ.
Erreur 4 — Mélanger « fait maison » et plats réchauffés. La mention engage. Si vous l'affichez, le plat doit l'être réellement, sinon c'est une infraction.
Erreur 5 — Oublier l'origine des viandes. C'est une mention obligatoire, distincte du prix mais souvent affichée au même endroit. Elle se vérifie en contrôle.
Erreur 6 — Confondre prix et allergènes. Deux obligations, deux logiques. L'une protège le portefeuille, l'autre la santé. On ne couvre pas l'une en faisant l'autre.
Pour la vue d'ensemble de tout ce qu'un contrôle vérifie, l'affichage des prix inclus, posez-vous sur les obligations légales du restaurateur en 2026.
La méthode pour rester conforme dans le temps
L'affichage des prix conforme tient en trois réflexes.
Le premier : afficher partout. Vitrine, carte, liste des boissons. Trois supports, pas un de moins. Faites le tour de votre établissement comme un client qui arrive de la rue, et vérifiez que le prix le suit à chaque étape.
Le deuxième : afficher complet. Prix TTC, service compris, mentions associées (origine viandes, fait maison si vous l'employez, accès à l'information allergènes). Le client voit le montant final, sans astérisque qui cache un supplément.
Le troisième, le plus oublié : afficher juste. Un prix conforme aujourd'hui ne l'est plus quand vos coûts ont bougé et que votre marge a fondu. La conformité d'affichage et la santé de vos marges sont le même sujet vu sous deux angles. Quand vous savez ce que coûte réellement chaque plat — via une fiche technique tenue à jour et un suivi du food cost — vous décidez le prix affiché en connaissance de cause au lieu de le subir.
C'est exactement ce que je règle avec Onrush : la photo de la facture met le coût à jour partout, et vous voyez tout de suite quel plat n'est plus assez margé. Vous gardez la main sur ce que vous affichez, sans repasser vos soirées à recalculer. Moins de charge mentale, des marges pilotées, un affichage que vous tenez au lieu de le rattraper.
Sans structure, on subit son business. Avec un affichage propre et des prix reliés à vos coûts, vous reprenez le contrôle des deux côtés : la conformité et la marge.
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